Une tache de haine sur ton doux visage
Telles les vilaines pustules d’un moribond
Et voila que les sots te crachent à la face
Conscients d’un mal qui leur pourrit le sang
Les aliénés du temps de ta prime jeunesse
Regardaient croître le virus tels des zombis
Pendant que les sages se complaisaient en politesse
Inconscients des ravages de l’épidémie
Deux taches infamantes sur ton beau et blanc visage
Marqué du sceau de la bêtise humaine
Et voila que l’opinion découvre que tu caches
En ton sein les bâtards de la gangrène
Mais comment diable a-t-on pu être aussi sourd
Pour ne point entendre l’appel des troubadours
Ignorer lâchement les appels au secours
De ces poètes qui rêvaient d’un monde fait d’amour
Trois taches de sang sur ton blanc visage
Et voila que la conscience sort de sa torpeur
Quatre taches obscures sur ton blanc visage
Mais jusqu’où nous fascinera donc ta laideur
A Marignane, Vitrolles, Toulon et Orange
La Savine 21/06/1995