Qu’il est long le chemin
Qui mène à la porte de ton cœur
Un vrai parcours de « je viens »
En mal de racines et de chaleur
D’abord trois heures de train
Et au moins neuf et demi de plus en avion
Sans compter les escales
Pour enfin atterrir à demi moribond
A Moroni la Capitale
Des splendides îles aux parfums
Et hautains poètes singeant les sultans
En plein cœur de l’océan Indien
Puis un étroit littoral
Sclérosé de nids de dinosaures
Dandinant ses courbes fatales
Ainsi que ses charmants trésors
Vous éblouit de sa beauté sauvage
Paysage de carte postale
Qui manque à chaque virage
De vous envoyer dans le décor
Passés quelques villages
Situés en bord de mer
Après moult zigzags et cascades
L’estomac à l’envers
Le rond-point de Voidjou
Fidèle au rendez-vous
Au ciel lève les bras
Et vous ouvre la route de Batsa
De mon cercueil sur quatre roues
Je descends pour faire à pied
Les derniers mètres du trajet
Tout heureux d’être encore debout
A partir de là
A quelques mètres à peine
Sur votre coté droit
Vos pas vous emmènent
Sur un sentier en fleurs
Donnant sur l’extérieur
D’une maison en chantier
Qui ne paie pas de mine
Qu’on aurait dit abandonnée
Et même presque en ruine
Après les salams ainsi que les prières d’usage
Dans une pièce étouffante je dépose mes bagages
Et me précipite vers l’arrière court
Admirer le jardin et ses alentours
Ecouter la nature tout autour
Chanter à tue tête mon retour
C’est là où mes pensées vagabondent
Et cela où que je sois dans ce monde
Nul part ailleurs qu’en cet endroit
Je ne me sens aussi près de toi
Enfin seulement en chœur
Battent alors nos deux cœurs
Et se mettent en parfait accord
Mon esprit et mon corps
Qu’elle est bien loin Maman
Ta Maison de la paix
Et de tes rêves d’enfant
Quand pourrai-je y retourner
A, Maman
Déjà 7 ans que tu as rejoint ta *maison de la Paix
Mbaé Tahamida Soly, Juillet 2018

