Dans de grands vers vides de ton sourire
Je noie mon chagrin pour oublier ton absence
Étancher ma soif intense de souvenirs
Avec des jeux de mots empreints de nos errances
Nos palabres matinales au café des utopies
Pour au temps ravir quelques gouttes de poésie
A coups de rimes fragiles aux accents mélancoliques
J’écume tes écrits en solitaire pour en puiser la lumière
Ton sens critique et du verbe juste, ta verve littéraire
Toute l’étendu de ton génie, de ton talent artistique
Le testament d’un homme sans frontière pour un monde fraternel
Qui nous grise encore les neurones de leur vigueur intellectuelle
Par vagues violentes déferlent sous ma plume les images
Rafraîchissant mon âme meurtrie d’embruns de nostalgie
De ces heures à la fois graves et insouciantes de rire et de partage
A voyager de contes en prosodie au royaume des esprits
Surtout les jours d’hiver pluvieux de faim et de désir d’ailleurs
A tirer le diable par la queue loin des îles aux sultans orateurs
A l’encre de ma mémoire de tristes rengaines j’inonde
Des feuilles blanches pour ne pas sombrer sous la peine
Pour éviter le naufrage de mon vieux rafiot sans capitaine
Depuis que tu as mis les voiles pour l’autre monde
Six ans sans escale sur mon épave à voguer à travers les vers
Mes seules bouées de sauvetage pour essuyer le manque de toi mon frère
Mbaé Tahamida Soly , 31 mars 2021
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