« Pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien »
Edmund Burke
Tant d’âmes candides
Chaque jour nouveau décident de partir
De sauter dans le vide
Dans l’espoir stupide d’un meilleur avenir
Fuient leurs terres arides oubliées même de Dieu
Pour une vie plus clémente sous d’autres cieux
Sans se retourner en arrière
Et sur tout ce qu’ils ont de plus chers
Combien fuient guerre et misère
Le joug et l’arbitraire d’un tyran
Traversent mers, océans et déserts
Pour devenir les proies de vils brigands
Passeurs cupides de rêves morbides
Vendant à prix d’or les clefs de l’eldorado
La terre promise, les trésors de l’Atlantide
Pour se construire leur châteaux fort de mégalo
Combien de bateaux finissent en radeaux de la Méduse
Et périssent corps et biens avant de trouver refuge
Refoulés tels des lépreux au pied de blanches forteresses
Où sans cesse le berceau de l‘humanité est mise en pièce
Combien de migrants réussissent à franchir nos frontières
De haine primaire, de repli et de peur identitaire
Pour atterrir dans d’immondes camps à ciel ouvert
A rêver des temps anciens où l'avenir exauçait les prières
A l'équipage de l'Aquarius
Et à tous ceux qui sauvent notre humanité à la dérive
Mbaé Tahamida Soly, Marseille Octobre 2018


