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MT SOLY BLOCK

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Bienvenu(e) dans mon Block ! Un modeste espace d'expression et de partage de mes écrits, mes pensées, mes images... En espérant qu'ils feront échos aux votres ou nous permettent de partager quelques instants de fraternité. Pardonnez d'avance les humeurs et les divagations d'un esprit naïf et Solytaire. Voici mes mots et mes cris , mes écrits et mes maux. Bonne visite et à bientôt


Utopie de survie

Publié par Mbaé Tahamida Mohamed dit SOLY sur 21 Février 2017, 13:00pm

Catégories : #R.I.P Ibrahim Ali, #Slam - Poésie

Ibrahim Ali par Ozas

Ibrahim Ali par Ozas

Ainsi donc malgré tous nos cris d’alarme

Nos vies en suspens, nos torrents de larmes

Vingt deux ans à pleurer notre frère Ibrahim

A rechercher la paix dans la prière et la rime

L’horrible scénario nous attend

Au détour d’une bonne vieille élection

D’un scrutin bien démocratique

L’unique régime politique

Paraît-il de loin le moins pire

Parce qu’il donne au peuple le droit

De choisir qui de la peste ou du choléra

Peut hypothéquer son avenir

Et à une bande de valets de nantis

Avides de pouvoir, de gloire et de privilèges

De marchander à vils prix ses acquis

Conquis de haute lutte et même ses rêves

 

Battre le pavé est bien vain

Pour un peuple dit souverain

Quand la loi permet de museler sa voix

A coups d’amendements et de 49.3

Lorsque ses élus de tout bord fond le choix

De faire une rente à vie de leur mandat

Du népotisme, un modèle social

A l’épreuve de la morale car légale

La lutte des classes n’est plus qu’une lutte de places

Où des vautours voraces remplacent de vrais rapaces

Le vote : une grosse farce de mauvais goût

Où des pigeons, des moutons et des dindons

Gavés de promesses, bercés de folles illusions

Se disputent comme chiens et chats la faveur des loups

 

Pendant que les médias leur servent

Sans modération, ni recul ni réserve

Leur sempiternelle soupe de langue de bois

Entre une ration de foot et de Hanouna

Ibrahim Ali par Ozas 2

Ibrahim Ali par Ozas 2

Bon appétit braves gens

Dormez sur vos deux oreilles

Le brave messie charmant

Les bras chargés de merveilles

Viendra un jour sur son beau cheval blanc

Nous sauver de l’inaction

De notre propension maladive à la résignation

A l’amnésie collective, de notre résilience aux trahisons

Pendant que de sinistres individus s’évertuent

A faire de notre monde une poubelle à ciel ouvert

La plus immonde planète du système solaire

Et du vice et des abus, les habits même de la vertu

Ibrahim Ali par Ozas 3

Ibrahim Ali par Ozas 3

Des décennies qu’ils nous méprisent

Qu’ils nous culpabilisent sur leur crise

Des erreurs de décisions qu’ils ont commises

Sous l’emprise de leurs éminences grises

Pour mieux nous diviser sur tout ce qui nous unit

Convertir en actions, devises et profits

Toutes les valeurs chères à nos cœurs

Et nos propres frères en ennemis de l’intérieur

Tous ceux qui n’ont pas la bonne couleur de peau

Le bon Dieu, le patronyme ou la fortune qu’il faut

 

Tous ces arrière-arrière-petits-fils

De métèques, d’indigènes

De bougnouls, de bamboulas, de macaques

Parqués dans les jungles urbaines

Que des milices fascistes infiltrées dans la police

Violent sans scrupule à coups de matraques

Des gueules de bavures policières

Ignorées des instituts de la statistique

Qui remplissent les lignes des faits-divers

Ainsi que des rubriques nécrologiques

Et qu’affectionnent tous les médias mainstream

Avec leur cortège de spécialistes consultants

Devisant sans vergogne sur nos blessures intimes

Avec l’empathie d’une machine à glaçons

Bannière Rassemblement du 21 février 2017

Bannière Rassemblement du 21 février 2017

Mais que savent-ils vraiment de nos vies

Mises au ban de la bonne Mère Patrie

Quand ils en mesurent seulement le poids

Au travers de débats de salons bourgeois

Que savent-ils donc de nos absents

Fauchés par dizaines à la fleur de l’âge

Que des journalistes fourbes et fainéants

Salissent à longueur d’émissions et de reportage

 

De nos p’tits frères qui très tôt apprennent

A vivre avec les joies du contrôle au faciès

Avec son lot d’humiliation régalienne

Par des escadrons haineux de CRS

Que savent-ils de ces familles de victimes

De la haine au quotidien et du racisme ordinaire

Qui en plus de leur deuil doivent en prime

Supporter de voir leurs bourreaux libres comme l’air

 

Si seulement ils savaient le chemin

Qu’il faut prendre pour raison garder

Croire en la bonté de l’être humain

Après un destin d’une telle cruauté

Construire des ponts de sourires

Quand l’amertume guide l’avenir

Déployer des trésors d’utopies curatives

Pour guérir l’âme de la haine maladive

Pour vivre avec le fantôme

Et la mémoire d’Ibrahim Ali

Et rester parmi les hommes

De bonne empathie

 

Au rythme des ratonnades

Battent nos cœurs meurtris

Des discours de façade

Contre nos vrais ennemis

A trop avaler leurs salades

Le monde souffre d’apathie

Alors je prends le parti des malades

Qui vivent encore d’amour et d’utopie

 

A Théo, Adama, Bouna, Zyed… et tous les autres victimes du racisme et de la haine

Mbaé Tahamida Soly

21 février 2017

Utopie de survie

« L’oiseau de nos amours s’est envolé sous un ciel de février. Colère a croisé l’épée contre Dignité. Finalement, ensemble elles nous ont guidé. Qui êtes-vous ? Nous sommes venus d’un lointain pays pour écouter le chant d’un autre coq, mais nous n’entendons que le chant de la haine. Nous nous sommes donné la main, fils de mon fils, et nous avons marché. Qui êtes-vous ? Nous sommes des hommes, nous sommes des femmes et voici nos enfants. Ils ne sont ni à vendre ni à sacrifier. Ils sont la continuité de notre existence. Nous sommes blessés et nos pas hésitent. Nous entendons le cri de l’enfant. »
Salim Hatubou, dans
Métro Bougainville
Editions Via Valeriano, 2000

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